• La décroissance en pleine croissance "définition"

    Peu de concepts économiques suscitent autant de débats, d’affrontements, d’espoirs et de polémique que la décroissance. Petit tour d’horizon de la décroissance…

    La décroissance, un concept qui a le vent en poupe.

    La décroissance est un courant apparu dans les années 90 qui prône une moindre consommation. Appelés « downshifters » ou « downsizers » en anglais, les partisans de la décroissance sont parfois opposés à une consommation outrancière et militent pour une restriction volontaire des achats.

    Plus nombreux sont ceux qui assimilent la décroissance à une attitude de simplicité volontaire qui consiste à moins rechercher un enrichissement permanent ou bien à acquérir toujours plus de biens matériels. Au contraire, il s’agit de prendre plus de temps, en travaillant moins et donc en gagnant moins, pour consacrer plus de temps à sa famille, à ses proches, à ses hobbies.

    Aux USA, en Suède, en Grande-Bretagne ou Nouvelle-Zélande et bien sûr, en France, les adeptes de la simplicité volontaire se multiplient même si parfois leur entourage a du mal a comprendre ou à accepter leur approche.

    Poussé à l’extrême, certaines personnes en viennent à carrément boycotter les actes d’achat et préconisent de ne plus acheter que des produits alimentaires, d’hygiène et de santé.

    Décroissance et économie circulaire

    Les fameux 3R sont un moto de la décroissance : Rallonger l’utilisation des bien, les Réutiliser, les Recycler, sont les bases d’une économie circulaire ou économie du recyclage permanent.

    Certains vont même jusqu’à ne plus acheter mais à faire les poubelles : ceux que l’on appelle les « Freegans », choqués que notre société de consommation jette autant de marchandises, et surtout de nourriture, aux ordures, préfèrent récupérer et recycler qu’acheter. Leur approche est donc plus une position de principe que le reflet d’une contrainte économique

    Renoncement à la consommation

    Le renoncement à la consommation ne va cependant pas de soi. Beaucoup ont du mal à consommer moins. Ainsi, aux USA par exemple, l’acteur Bill Talen, qui s’est transformé en véritable prêcheur qui exhorte les Américains à moins consommer, rencontre un succès très mitigé. Choqué par la surconsommation et en réaction au gaspillage ambiant, il veut convertir ses concitoyens à un autre mode de vie.

    Décroissance et sobriété volontaire

    Le mouvement de don qui se manifeste aux USA avec le site de don freecycle ou en France avec un site comme consorecup.com reflète cette tendance qui consiste à ne pas toujours acheter du neuf.  

    consoGlobe en permettant soit d’acheter des produits écologiques soit d’acheter d’occasion , ou d’échanger, ou de donner ou de louer va dans le sens de cet habitant de New York qui a survécu une année sans rien acheter (noimpactman.typepad.com). La simplicité volontaire est souvent un premier pas vers un comportement décroissant.

    La décroissance est donc un concept très proche de l’altermondialisme ou du nouveau thème de la « démondialisation », prônée par les partisans d’une économie mondiale moins ouverte, plus protectionniste et relocalisée.

    La décroissance, un concept pro-environnement

    « Aujourd’hui, 20% de l’humanité consomme 80% des ressources naturelles », soulignent les partisans de la décroissance, pour qui « si on généralisait le mode de vie et de consommation européen ou américain à la surface du globe, on aurait besoin de 5 à 8 planètes ! » expliquent les partisans de la décroissance.

    Le mouvement de la décroissance est souvent favorable à l’écologie car il prône la réduction de l’empreinte écologique de chacun. Prenons l’exemple de la France : son empreinte écologique est de 3 planètes.

    Cependant, de nombreux économistes y voient un danger pour les économies modernes si celles-ci ne s’adaptent pas à une création de richesse plus qualitative et moins quantitative. A court terme, certains considèrent le boycottage de la consommation via l’achat comme non citoyen et comme dangereux pour tous.

    La décroissance, entre boycott et buycott

    Néanmoins, la surconsommation de ressources à l’échelle mondiale ne peut continuer et il faudra que l’humanité trouve une manière de s’épanouir en consommant mieux et en préservant ses ressources. C’est tout le développement durable, dont finalement la décroissance n’est qu’un des aspects possibles.

    Décroissance globale et croissance locale

    La nouvelle approche économique met au centre le développement des territoires – agriculture, énergie, commerce – et rendra nécessaire à la fois « une nouvelle gouvernance » mais également une multiplication des « réseaux d’entraide » car « la prospérité future impose de se retrouver solidaire, localement

    La décroissance paraît donc être une utopie pour certains et un art de vive pour d’autres. Cette idée qui suscite des débats vifs est apparue en France avec différents intellectuels comme Jean Baudrillard (« La société de consommation », 1970), le philosophe André Gorz (« Ecologie et Politique », 1975), ou encore l’économiste Serge Latouche (« Le pari de la décroissance », 2006).

    Un économiste comme Joseph Stiglitz, prix Nobel, alimente la réflexion sur ce sujet et est très apprécié des alter mondialistes pour cette raison.
    Voir « Indicateur du développement durable ».

    Au final, la décroissance est bien au cœur des réflexions et des aspirations liées à la nouvelle consommation.

    Décroissance : les CITATIONS

    « Opposer écologie et croissance est une bêtise intellectuelle profonde. En réalité on ne peut pas améliorer l’environnement sans croissance. Ce n’est pas la croissance qui pollue, c’est la production. Si on veut changer la nature de la production il faut évidemment croître. Croître autrement, pour transformer la production. »Jacques Attali, Europe 1, 24 octobre 2007.

    « La croissance, ça veut dire la liberté. La circulation aérienne c’est d’abord le tourisme… Peut-on empêcher les hommes de découvrir le monde ? IUl ne faut pas trop pénaliser cette iberté. Mais il faut résussir des réductions de consommations spécifiques qui permettent de compenser la croissance de la demande et au-delà. La réponse est dans la technologie, donc dans l’innovation » Francis Mer, président du conseil de surveillance de Safran.

    « La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d’autres rapports sociaux. En leur absence, l’effondrement ne pourrait être évité qu’à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d’une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare. » André Gorz, philosophe et militant de la décroissance

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    « Réunion du collectif francilienCommuniqué de presse du collectif »

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