• Les filets à nuages

    Capteurs de brouillards ou filets à brumes

     

    BIONIQUE : Petit observatoire des inventions de la nature

     

    Les filets sont des entrelacements de mailles.

     

    Au Chili, sur les pentes des montagnes de la côte,dans le désert, où les habitants manquent de points d’eau courante pour les arrosages, la persistance des brouillards a donné l’idée à des agronomes de concevoir des filets capteurs de brouillard ou filets à nuages.
    Les gouttelettes du brouillard sont piégées dans les mailles du filet et recueillies dans des réservoirs, palliant ainsi l’aridité du désert chilien.

     

    Filets à nuages au Chili  

     

    Les filets à nuages permettent de capter dans leurs mailles le brouillard, les nuages ou la brume, donc de l’eau potable pour boire et arroser dans une région aride.

     

    Ces filets à nuages en mailles de polypropylène, sont inspirés, peut-être, des gouttes de rosée suspendues sur une toile d’araignée.
    Ces gouttes se créent par condensation de la vapeur d’eau de l’air ambiant sur les fibres de soie de la toile d’araignée. Les gouttelettes d’eau du brouillard, équivalentes à de la vapeur, sont piégées dans les mailles du filet.
     

     

     

    Les gouttes de rosée sur une toile d’araignée 

     

    L’invention des filets capteurs de nuages, ou de brume, pour les régions arides, semble inspirée de la toile de l’araignée qui retient la rosée.

     

    Un épais brouillard, la camanchaca, s’étend presque en permanence le long de la côte du Chili et crée des nappes de brumes tenaces quand les vents dominants soufflent de la mer.

     

    Depuis 1992, les pêcheurs de Chungungo ont appris à attraper le brouillard dans leurs filets.

     

    Grâce à du tissu de polypropylène résistant aux rayonnements ultraviolet (tissu posé horizontalement entre deux montants verticaux de façon à être à angle droit par rapport aux vents dominants) et tendu le long de la crête d’El Tofo, à 780 mètres d’altitude, les quelques 330 habitants de ce village côtier d’une région aride du Nord du Chili ont été abondamment abreuvés par l’eau des brumes montagneuses jusqu’en 2002. 

     

     

    texture des filets en polypropylène

     

    Les gouttelettes du brouillard sont piégées dans les mailles du filet et, prenant du poids au fur et à mesure qu’elles se gonflent en gouttes, elles descendent dans des gouttières et sont dirigées vers un réservoir d’eau qui alimente un réseau de canalisations. 

     

     

    L’eau captée par les filets à nuages se déverse dans un réservoir

     

    La population du village étant passée de 300 à 900 habitants, les capteurs ne suffirent plus à fournir aux villageois autant d’eau qu’au début, d’autant plus que les périodes sans brouillard vidaient les citernes et provoquaient d’occasionnelles sécheresses. Les autorités locales ont fini par juger que les capteurs n’étaient pas une source d’eau fiable. À l’été 2002, seulement neuf des 94 capteurs initialement installés sur la crête d’El Tofo s’y trouvaient toujours.

     

    Pourtant cette technologie est réellement efficace. Elle est maintenant appliquée ou à l’étude dans 25 pays. Par exemple, des capteurs de brouillard viennent d’être installés au Yémen et dans le centre du Chili, et d’autres projets sont en cours d’évaluation , à Haïti et au Népal. 

     

     

    Filets à nuages au Népal

     

    Au Guatemala, sur l’altiplano à plus de 3000 m d’altitude, les paysans vivent de la culture de la pomme de terre et peuvent récupérer 2000 litres chaque jour, d’eau potable grâce à l’installation de deux filets à nuages. Lorsque la brume est importante les réservoirs débordent.

     

    Au Cap Vert, des appareils de mesure des précipitations du brouillard sont installés sur l’île de Santiago. 

     

     

    Appareil de mesure des précipitations du brouillard

     

    En Afrique du Sud a fourniture d’eau à l’école primaire de Tshiavha vient du brouillard qui s’élève sur cette partie de la montagne de la province de Limpopo. Le filet capteur de brouillard de l’école recueille 2.500 litres d’eau par jour, une quantité plus que suffisante à boire pour les élèves de l’école. 

     

     

    filets à nuages à Tshiavha

     

    Dans le désert d’Atacama, les nomades recueillaient la rosée et le brouillard grâce à des pierres empilées que l’on disposait de sorte que l’eau de condensation dégoulinât à l’intérieur jusqu’à la base de l’amoncellement, où elle était protégée contre les rayons du soleil. 

     

     

    Nappes de brouillard à Atacama

     

    La même technique était utilisée en Égypte ancienne, mais dans ce pays, l’eau ainsi recueillie était stockée sous terre. 

    Dans le désert aride de Namibie, un petit coléoptère, confronté au même problème d’aridité, capte les gouttelettes de brouillard grâce aux aspérités de ses élytres et s’en abreuve.

     

     

     

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