• Lettre ouverte

     Le  15 octobre 2013

     

     WITTMANN   Clément                                                          

     4 rue Jean Jacques Rousseau

     57400 SARREBOURG                                            

     clement.wittmann21@orange.fr                                   

     

     

      

    A  Monsieur le Président de la République

     Palais de l’Elysée

     75000 PARIS

     

    Objet : crime contre l’humanité

                   Lettre ouverte 

                

       Monsieur le  Président,

     

     Votre prédécesseur avait comme formule  « J’irais chercher la croissance avec les dents  ». Un  projet politique d’une pauvreté intellectuelle affligeante. En effet, Monsieur le Président, j’imagine que, comme Nicolas SARKOZY, vous êtes entouré de nombreux experts et conseillers, qui vous informent de notre situation dans les domaines de l’environnement, de l’économie, des stratégies internationales etc. Ces experts ne vous ont-ils pas parlé des rapports du club de Rome (ou rapport Meadows) ? Après une première publication en 1972, le club de Rome a publié un nouveau rapport en mars 2012. Dans ce rapport il  est dit que « tout se déroule comme prévu pour que survienne le grand désastre, probablement en 2020  ». 

    Vos conseillers ne vous ont-ils pas informé que cette année,  « le jour du dépassement des ressources annuelles de la planète  » est tombé le mardi 20 aout. Pour Alessandro Galli, le directeur de l’ONG Global Footprint Network  «  nous sommes sur une trajectoire où nous allons avoir besoin des ressources de deux planètes bien avant le milieu du XXIème siècle. 

    Il y a quelques années, dans un remarquable ouvrage ( La montée de l’insignifiance ), Cornélius CASTORIADIS écrivait : «  L’humanité se fracassera tôt ou tard contre les limites naturelles de la planète, si elle ne s’effondre pas déjà auparavant sous le poids de son néant de sens ».Plus récemment, dans le journal  La Décroissance, le chroniqueur Denis Baba, écrit « Des millénaires de religion, littérature, philosophie, se trouvent engloutis, signant définitivement le triomphe de la pensée de l’ingénieur. La condition humaine se réduit à un problème technique. Et à question technique, réponse technique. Si on considère que le désastre nucléaire au Japon n’est que la face la plus immédiatement visible de l’effondrement écologique en cours, cette maxime est en passe de s’imposer à toutes les sphères de notre existence, sur tous les points du globe  ». 

    Vous n’ignorez pas non plus, Mr le Président, tous les crimes commis par la France sur le continent africain. Depuis des décennies, pour alimenter la croissance française, il a fallu piller le continent africain. Vous n’ignorez  pas que dans la nuit du 15 au 16 avril  1974, Diori HAMANI (le premier président du Niger démocratiquement élu) est assassinée par les services secrets français, placés sous la direction d’Yves Guéna. Diori HAMANI avait simplement exigé de la Cogema des informations sur le prix et les quantités d’uranium extraites du sous-sol nigérien. Vous n’ignorez pas, Monsieur le Président, que pour mettre la main sur les richesses du Togo, la France de gauche (Mitterrand, Rocard, Véderine, Dumas) a soutenu le général-dictateur EYADEMA ? Il serait bien évidemment trop long, ici de faire un inventaire exhaustif de tous les crimes commis par la France dans les pays africains. 

    Ce  n’est une brève description de la barbarie humaine intrinsèquement liée au  concept de croissance de croissance économique. 

    Vous ne l’ignorez pas, Monsieur le Président, l’impact de la croissance sur les écosystèmes de la croissance est désastreux. Chaque seconde dans notre pays, 28 m² de terres sont recouverts de béton ou de bitume. Pour de nombreux experts, l’artificialisation des terres agricoles représente la menace la plus directe pour les générations à venir et la sécurité  alimentaire. 

    Entre 1950 et 1997, la production de l’économie mondiale a été multipliée par six – de 5 000 à         29 000 milliards de dollars. La seule croissance économique des années 1990 à 1997 a dépassé celle des 10 000 années comprises entre le début de l’agriculture et 1950. Le chômage et la pauvreté ont-ils pour autant reculés ? A l’évidence non .Il ne faut comprendre et accepter, Monsieur le Président qu’augmenter la production n’éliminera pas la pauvreté. 

    N’est-il pas simple, Monsieur le Président, de comprendre qu’en détruisant notre environnement nous nous détruisons nous-mêmes. 

    Monsieur le Président, depuis votre arrivé à la tête de l’état, vos incantations à la croissance sont permanentes. Pouvez-vous ignorer les limites physiques de la planète. Avez-vous le droit de maintenir l’opinion dans le mythe de l’abondance ? Ne serait-il pas plus courageux, Monsieur le Président, d’adopter un discours de vérité ?  De dire à nos concitoyens, que pour des raisons à la fois financières et écologique, le recours à la croissance est collectivement suicidaire. Ou plus précisément, pour reprendre l’expression de l’universitaire Franz Broswimmer, qu’il s’agit d’un écocide. 

    Auteur de nombreux ouvrages et travaux de recherches, le biologiste canadien David Suzuki considère pour sa part que « faire l’apologie de la croissance relève du crime contre l’humanité ». 

    Une question se pose donc Monsieur le Président, n’êtes-vous pas vous aussi,  comme l’ensemble des chefs d’état, responsable de « crime contre l’humanité  » ? 

    Dans l’attente de votre réponse, recevez Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.        

      

                                                                                                 

     Clément  WITTMANN

     

     

     

      

     

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