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    La Biodiversité sacrifiée

    sur l'autel de la productivité

    La Cour de Justice de l'Union Européenne désavoue

    Kokopelli et son avocat général 

     

     

    > La Cour de Justice, par sa décision rendue aujourd'hui dans l'affaire Kokopelli c. Baumaux, vient de donner un satisfecit intégral à la législation européenne sur le commerce des semences.

    > Pourtant, le 19 janvier dernier, son Avocat Général nous donnait entièrement raison, en estimant que l'enregistrement obligatoire de toutes les semences au catalogue officiel était disproportionné et violait les principes de libre exercice de l'activité économique, de non-discrimination et de libre circulation des marchandises. (V. ses conclusions)

    > Ce changement de cap absolu ne manque pas de nous surprendre et de nous interroger.

    > La Cour, aux termes d'une analyse étonnement superficielle de l'affaire, et d'une décision qui ressemble plus à un communiqué de presse qu'à un jugement de droit, justifie l'interdiction du commerce des semences de variétés anciennes par l'objectif, jugé supérieur, d'une "productivité agricole accrue" !

    > L'expression, utilisée 15 fois dans la décision de la Cour, consacre la toute puissance du paradigme productiviste. Ce même paradigme, qui avait présidé à la rédaction de la législation dans les années soixante, a donc encore toute sa place en 2012. La biodiversité peut donc être valablement sacrifiée sur l'autel de la productivité.

    > Cela fait 50 ans que cela dure et le fait que ce raisonnement nous ait déjà amenés a perdre plus de 75% de la biodiversité agricole européenne n'y change donc rien. (V. les estimations de la FAO)

    > Si la Cour mentionne les dérogations supposément introduites par la Directive 2009/145 pour les "variétés de conservation", son analyse s'arrête à la lecture des grands titres. Comment les juges n'ont-ils pas voulu voir que les conditions d'inscription des variétés de conservation, dans la réalité, étaient restées pratiquement identiques à celles du catalogue officiel normal [1]? Le critère d'homogénéité, par exemple, particulièrement problématique pour les variétés anciennes, ne connaît aucune modération.

    > La Cour n'a-t-elle pas lu les témoignages de nos collègues européens, déjà confrontés à des inscriptions impossibles de leurs semences sur cette liste ?

    > Cette directive est un véritable leurre, que Kokopelli et tant d'autres organisations européennes ont déjà dénoncé, et ne vise pas à permettre la commercialisation des variétés anciennes ni même à conserver la biodiversité semencière.

    > De plus, cette biodiversité, qui a nourri les populations européennes pendant les siècles passés, est l'objet de la plus grande suspicion. La Cour va ainsi jusqu'a écrire, par deux fois, que la législation permet d'éviter "la mise en terre de semences potentiellement nuisibles" !

    > Cette remarque est totalement erronée puisque, comme l'avait justement relevé l'Avocat Général, l'inscription au Catalogue ne vise pas à protéger les consommateurs contre un quelconque risque sanitaire ou environnemental, auquel la législation ne fait même pas référence !

    Cette remarque, surtout, est choquante, quand on pense que les semences du Catalogue, enrobées des pesticides Cruiser, Gaucho et autres Régent, ou accompagnées de leur kit de chimie mortelle, empoisonnent la biosphère et les populations depuis plus de cinquante ans !

    > Le lobby semencier (European Seed Association), qui a pris le soin, pendant le cours de la procédure, de faire connaitre à la Cour son désaccord avec l'avis de l'Avocat Général, se réjouit, dans tous les cas, de cette totale convergence de vues avec la Cour. (V. son communiqué et sa lettre adressée à la Cour.)

    > Nos adversaires directs dans cette procédure, c'est-à-dire la société Graines Baumaux, mais aussi la République Française, le Royaume d'Espagne, la Commission Européenne et le Conseil de l'UE, doivent également s'en frotter les mains.

    > Avec cette décision, les masques tombent : la Cour de l'Union Européenne est, elle aussi, au service de l'agriculture chimique mortifère et de son idéologie corruptrice.

    > Et Kokopelli, au contraire de tout ce qui a pu se lire ces derniers mois, n'a aucun intérêt convergent avec Monsanto et autres semenciers-chimistes. Ces craintes exprimées par certains n'étaient qu'élucubrations fantaisistes, voire malveillantes, à l'égard de l'association.

    > Mais tout cela se comprend par l'examen du contexte dans lequel prend place cette décision : en Europe, une réforme générale de la législation sur le commerce des semences est en cours. La procédure est placée sous le haut parrainage de l'industrie semencière. Les associations de sauvegarde de la biodiversité, petits producteurs, paysans et jardiniers passionnés, qui, à travers toute l'Europe, conservent clandestinement plus de variétés oubliées que tout ce que le catalogue des variétés appropriées n'en pourra jamais contenir, n'ont pas été invitées à la table des négociations…

    > Verra-t-on, dans ce cadre, le législateur européen redéfinir ses priorités ? Les semenciers veilleront à ce que cela ne soit pas le cas.

    > La France, dans ce cadre, joue un rôle particulier. Le Ministère de l'Agriculture a dépêché l'une des collaboratrices du GNIS [2], Mme Isabelle Clément-Nissou, auprès de la Commission Européenne (DG SANCO), afin de rédiger le projet de loi ! Mais les conflits d'intérêt, inadmissibles, ne semblent choquer personne au niveau des institutions européennes…

    > Ainsi, l'étau se resserre et les perspectives pour la biodiversité n'ont jamais été aussi sombres.

    > Et l'Association Kokopelli, qui depuis 20 ans veille avec passion à la préservation du patrimoine semencier européen, bien commun de tous, sans la moindre subvention publique, pourrait donc bien disparaître demain, car son activité, qui gêne l'une de nos sociétés commerciales les mieux installées, ne présente pas d'intérêt pour une "productivité agricole accrue". Cette décision nous sidère, autant qu'elle nous indigne.

    > Plus que jamais, Kokopelli a besoin du soutien moral de la population. Car il n'est pas admissible que les variétés anciennes, héritage de nos grands-parents, soient interdites de cité !

    Nous en appelons également à notre gouvernement. La gauche, sous les précédents gouvernements de droite, nous a dit pouvoir compter sur son soutien à de nombreuses reprises. Il est temps maintenant qu'elle transforme ses promesses en actes (en commençant par retirer son mandat à Mme CLEMENT-NISSOU) !

    > [1] La directive 2009/145 prévoit que les critères de distinction et de stabilité sont laissés à la discrétion des Etats membres et que, par contre, «pour l'évaluation de l'homogénéité, la directive 2003/91/CE s'applique» : art. 4 §2

    > [2] Le GNIS représente les semenciers professionnels en France et dit officiellement «défendre les intérêts de la filière semence» – V. son site Internet

    > Ce que nous voulons, sur le plan législatif et réglementaire :

    > Le Catalogue officiel actuel est le pré-carré exclusif des variétés protégées par des droits de propriété intellectuelle, hybride F1 non reproductibles. Qu'il le reste.

    > Nous voulons que les semences anciennes et nouvelles appartenant au domaine public et librement reproductibles sortent du champ d'application de la législation sur le commerce des semences.

    > Il n'existe pas de catalogue officiel obligatoire pour les clous et les boulons. Il n'y a pas de raison de soumettre les semences à une procédure préalable de mise sur le marché, comme les pesticides ou les médicaments, pour les cataloguer dans un registre.

    > Des objectifs de qualité et de loyauté dans les échanges commerciaux peuvent être aisément atteints par un règlement de base fixant des critères minimums en termes de qualité sanitaire, faculté germinative, pureté variétale et pureté spécifique.

    > Que demande la société Graines Baumaux ?

    > Notre adversaire devant la Cour d'Appel de Nancy demande la condamnation de Kokopelli à lui payer 100.000 €uros de dommages-intérêts, ainsi que la cessation de toutes les activités de l'association. Pour information, au 30 juin 2011 la société Baumaux avait un chiffre d'affaire annuel de 14 millions d'€uros et un résultat net de 2 millions d'€uros.

     


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  • Banque d'Illustrations - dollar. fotosearch 
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au format epsLa première des Décroissances doit être la décroissance des inégalités. Ainsi, une des propositions souvent mise en avant et débattue par les Objecteurs de Croissance (OC) est l’instauration d’une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA) couplée à un Revenu Maximum Autorisé (RMA). Cette DIA serait versée à toutes et tous et de manière égale de la naissance à la mort, afin de garantir un niveau de vie décent et déconnecté de l’occupation d’un emploi[2]. Cette dotation serait individuelle, inaliénable et cumulable à tout autre revenu et traduirait la reconnaissance de la contribution de chaque individu à la société, à travers l’ensemble de ses activités, notamment non-marchandes.

    Sans être une fin en soi, la DIA pourrait être un outil économique et social formidable pour initier une transition démocratique[3] et sereine vers une sortie de l’asservissement au travail, une sortie du capitalisme, une relocalisation de l’économie, une repolitisation de la société grâce à la réappropriation de nos choix de vie et permettre ainsi à toutes et tous de participer à la construction de sociétés de Décroissance soutenables, souhaitables et conviviales.

     

    Pourquoi une dotation ?

     

    1. Une dotation pour une décroissance des inégalités (protection, partage contre austérité et compétition)

    2. Une dotation pour une sortie de l’asservissement au travail

    3. Une dotation pour une sortie du capitalisme et de l’économicisme (crise de la dette : ni austérité, ni relance)

    4. Une dotation pour une relocalisation ouverte

    5. Une dotation au service d’une démocratie réelle

    6. Une dotation pour initier une transition vers des sociétés de Décroissance soutenables, souhaitables et conviviales


    Une dotation pour toutes et tous, de manière inconditionnelle de la naissance à la mort, permettant d’avoir une vie frugale et décente, avec :

      1. Droit d’accès à un logement et au foncier

      2. Droit de tirage sur les ressources naturelles et énergétiques

      3. Accès à la santé

      4. Accès aux transports

      5. Accès à l’éducation

      6. Accès à la culture et droit à l’information

     

     

    Une dotation pour une décroissance des inégalités

     

    Par sa mise en place, la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie permettrait à tout individu de bénéficier de conditions de vie décentes et dignes en favorisant l’autonomie de chacun tout en faisant cesser la dépendance au travail salarié. De même, on sortirait du cycle infernal de l’exclusion voir de l’humiliation liée à un chômage grandissant surtout chez les plus jeunes. En étant versée automatiquement à toutes et tous, elle n’entraîne aucune exception de fait ou de droit. La DIA renforce le système de protection sociale dans son ensemble car elle assure un socle de biens et de services essentiels. Elle sécurise la vie humaine pour devenir une pièce maîtresse d’un nouveau modèle social car ni un emploi, ni les aides sociales classiques ne peuvent prétendre garantir un droit à l’existence digne. La DIA créerait ce lien de solidarité indispensable entre tous les membres de la société.

    En outre, cette dotation s’accompagnerait obligatoirement de l’instauration d’un Revenu Maximal Autorisée (RMA) dont le montant[4] devra être discuté démocratiquement dans l’optique de lutter contre les écarts de revenus, parce que la Décroissance en politique vise bien la décroissance des inégalités. Ainsi, en étant reçu par tous sans plafond de ressources mais imposable et donc récupérable entièrement par la fiscalité, la DIA permettrait de réduire les inégalités. A ceux qui pensent que le RMA serait obsolète si la DIA était en vigueur car, dans ce cas, les inégalités seraient moins choquantes puisque tout le monde disposerait des conditions matérielles pour vivre dignement et décemment, nous leur rétorquons que le RMA est également un moyen de réduire l’impact écologique des plus riches, d’éviter de scandaleux gaspillages et d’outrancières pratiques et surtout de rompre avec la place qu’a pris dans nos imaginaires le mode de vie des plus aisés[5].

    Enfin, face à la crise économique et sociale qui touche de plus en plus de citoyens et surtout face aux crises à venir[6], il est nécessaire de redonner de la sérénité et de la sécurité. En effet, la peur du lendemain, la souffrance engendrent replis identitaires, haines, violences, frustrations et n’ont que peu de chance de créer les conditions d’une transition démocratique. Il faut ainsi redonner de l’espoir, de la sérénité et protéger afin de faire ressortir ce qu’il y a de plus positif, constructif, de créer des solidarités et de rendre cette transition participative.

    Une dotation pour une sortie de l’asservissement au travail

     

    La DIA est avant tout l’outil permettant la réalisation des droits fondamentaux de chaque individu en le libérant de la centralité du travail par sa transformation en une activité volontaire et épanouissante[7]. Cette dotation s’inscrit dans une réflexion qui ne fonde pas l’émancipation des hommes et des femmes sur le travail. L’élévation du travail au rang de valeur fondamentale résulte d’une idéologie productiviste et consumériste qui est incompatible avec un quelconque épanouissement de l’individu. De plus, aujourd’hui, le monde du travail est devenu un monde de compétition avec la menace du chômage, de stress avec les nouvelles méthodes de management, d’altération de la convivialité avec une quête toujours plus forte de productivité et surtout de perte de sens avec la spécialisation et la répétition des tâches ou encore lorsque ce travail devient néfaste pour la société[8].

    Outil pour décoloniser notre imaginaire social, la DIA vise à ne plus faire du travail notre seule référence, le seul fondement du lien social et le seul moyen pour essayer de vivre dignement.

    Avec cette dotation, nous cesserons de dépendre pour notre intégration économique et sociale du statut lié au travail salarié. C’est permettre à d’autres moyens d’expression individuels ou collectifs de se libérer, c’est aller vers une société d’activités choisies et librement négociées plutôt que vers le travail subi tout en favorisant l’émergence d’un « tiers secteur » (activités associatives, familiales, politiques, culturelles, c’est-à-dire des activités dites « hors-marchandes »).

    En outre, la DIA met fin au chômage comme problème économique et social et favorise la répartition des tâches difficiles. Elle est une prime à cette réduction et est susceptible, alors, d’enclencher un réel partage des travaux pénibles. La DIA aura des répercussions sur les rémunérations et permettra de mieux évaluer le salaire pour chaque emploi dans le but d’en faire une activité volontaire, en ré-estimant, par exemple, les tâches pénibles. Ces dernières pourraient être réorganisées dans le cadre d’un « service d’intérêt général » commun à tous les citoyens.

    Sans signifier une désertion du marché du travail, la DIA enclencherait une baisse de l’activité économique, mais, est-ce réellement un problème alors que nous produisons déjà trop et que nous vivons au-dessus de nos moyens et de nos besoins[9] ? Ce sera à chacun de s’organiser et traduire cette décroissance du gâchis et du superflu dans la vie quotidienne, autrement dit ne plus passer sa vie à produire des choses inutiles pour les vendre à des gens qui n’en ont pas besoin.

    Une dotation pour une sortie du capitalisme et de l’économicisme

     

    La DIA est un biais afin de sortir de la société croissanciste, productiviste et consumériste qui guide nos vies, nos besoins et nos espérances. C’est une condition obligatoire pour amorcer le virage vers une société de Décroissance. Cependant, la DIA ne sera efficace que si et seulement si cette dotation ouvre la possibilité d’un autre choix de société qui n’est pas celui de vivre pour consommer. Proposer la DIA, c’est remettre en cause fondamentalement la logique capitaliste et chercher un autre mode d’organisation sociale qui va plus loin que de secourir les plus démunis ou corriger le système à la marge, mais bien le renverser car il est dans une impasse.

    Le but du capitalisme est de tout faire rentrer dans son domaine marchand. Une sortie douce du capitalisme est le chemin inverse. Pour cela, cette dotation doit s’inscrire dans l’extension des sphères de la gratuité car tout ce qui est gratuit, dont la propriété est collective et dont nous partageons l’usage, s’intègre de facto à la DIA pour se libérer des forces du marché. Cette gratuité se justifie pour le bon usage et s’équilibre par le renchérissement du mésusage. Cela nécessitera de débattre collectivement des besoins et des champs d’intervention des services publics, sensés fournir ces biens et services essentiels, du rôle et de la place de l’économie mais aussi des limites à s’imposer. C’est une gratuité socialement et démocratiquement organisée et acceptée.

    La DIA est donc synonyme d’un accès libre et gratuit à certains biens et services dont la propriété et la gestion sont collectives comme le droit que nous partageons sur leurs usages. Quelques pistes sont évoquées plus loin. En fait, la DIA permettrait que chacun jouisse d’une petite part mais suffisante des richesses collectives.

    La DIA n’est donc pas un revenu numéraire en €[10], équivalent gonflé de l’actuel RMI ou RSA à hauteur de 1 200 €. Elle bouscule l’imaginaire croissanciste et se recentre sur les besoins fondamentaux et essentiels pour permettre un épanouissement individuel et collectif fondé sur d’autres valeurs que celles portées par le capitalisme.

    Le financement de la DIA, un vrai faux problème : vers une sortie de l’économicisme.

    Le financement de la DIA est fréquemment évoqué pour signifier son impossibilité et classer cette mesure dans le champ du rêve. Or, la réalité est tout autre. Plusieurs études[11] ont démontré que la mise en place de la DIA était réalisable. C’est un choix politique et sociétal à assumer et surtout un changement de paradigme à imaginer. Ce choix de société, pour s’imposer, ne passera pas que par les urnes mais bien par la société qui, en grande majorité, sera prête dans son imaginaire à changer de vie, à ne plus travailler pour consommer mais à être autonome pour vivre ensemble.

    Bien des réfractaires à la DIA puisent dans l’argument comptable pour la condamner avant même d’envisager une réflexion plus large sur son sens et son ambition. Cet argument sonne creux et respire la tromperie tant, par le passé, notre société a relevé des défis encore plus compliqués et financièrement aussi coûteux. Nous n’avons qu’à nous remémorer l’ambition du Conseil National de la Résistance et les mesures prises après la deuxième guerre mondiale. Plus proche de nous, le sauvetage des banques (et du système financier) a montré que l’Etat disposait de « ressources » mobilisables rapidement. L’argument comptable est donc tout aussi fallacieux que l’imposture de la création monétaire[12] ou des dettes, publiques ou privées, qui, quelle que soit la croissance, ne pourront jamais être remboursées[13]. La DIA est un défi sociétal et un choix qui peut s’imposer si nous souhaitons réellement sortir du capitalisme. Il suffit d’avoir l’audace, le courage politique mais surtout une forte adhésion et participation à cette volonté de changement.

    La DIA sous-entend de repenser notre système de redistribution et de solidarité en supprimant les prestations et allocations sociales, devenues obsolètes tout comme les politiques agressives pour l’emploi ou de luttes contre le chômage. Elle nécessitera une profonde réforme fiscale avec, par exemple, la réhabilitation de l’impôt progressif sur le revenu afin de taxer à 100 % au-dessus d’un certain niveau à définir démocratiquement qui serait le Revenu Maximum Autorisé (RMA) ou l’instauration d’une réelle taxe à la consommation visant à pénaliser les productions non locales et/ou non respectueuses de l’environnement ou encore inutiles voire néfastes (publicité, armement[14], obsolescence programmée[15], jetables…). Certaines prestations disparaîtront car elles seront mobilisées pour assurer la pérennité de la DIA : elles seront inclues dans la DIA.

    Encore une fois, rien d’impossible, tout reste à inventer car l’instauration de la DIA est envisageable et possible d’un point de vue budgétaire[16]. Elle l’est encore plus du point de vue des ressources, qu’elles soient énergétiques ou économiques puisqu’elle a vocation à rationaliser et à rendre soutenables nos modes de vie.

    La DIA ne sera pas que monétaire mais devra également être la mise à disposition de services et de matériels pour bien vivre. Cela suppose que les collectivités reprennent à nouveau certains services publics comme l’eau, le gaz, l’électricité ou les transports afin d’étendre la sphère de gratuité.

    Une dotation pour une relocalisation ouverte

     

    Et ainsi favoriser la décroissance de la consommation des ressources non renouvelables : vers une souveraineté alimentaire et énergétique locale.

    Aujourd’hui se mettent en place un peu partout des collectifs, des projets locaux, que l’on appelle alternatives concrètes. Ces alternatives participent à une relocalisation ouverte[17] souhaitable et nécessaire de nos productions, de nos échanges, de nos rapports économiques. La DIA pourrait servir de support à ces alternatives déjà existantes et aussi en favoriser l’émergence de nouvelles. Par exemple, la DIA pourrait être versée en monnaies locales fondantes[18] ne pouvant être utilisées que pour des produits de proximité. Elle aiderait ainsi au soutien et à la naissance de jardins partagés, d’ateliers autogérés de réparation, maintenance, d’artisanats, de systèmes d’échanges locaux (SEL), de mise en commun de matériels, d’habitats partagés, de réflexions sur la résilience[19], de développement d’énergies locales et artisanales et ainsi tendre vers une souveraineté à la fois énergétique et alimentaire et vers une sortie de notre dépendance aux énergies fossiles et en particulier au pétrole.

    Une dotation au service de la démocratie

     

    Vers une réappropriation de nos choix de vie

    La DIA offre à chaque citoyen la jouissance pleine et entière de la démocratie car elle rend à l’individu son autonomie et sa réflexion pour agir dans la société, celles-ci n’étant plus monopolisées par le travail. Elle est un outil de transformation sociale et de réappropriation de nos choix de vie.

    En apportant une solution au chômage et en favorisant le partage du travail, la DIA concrétise la revalorisation sociale des activités non-marchandes et, surtout, remet en cause le monopole du travail comme source d’intégration et de reconnaissance sociale.

    Elle recentre l’individu dans la société, non plus en fonction de son emploi mais en l’ouvrant vers des perspectives d’épanouissement personnel permettant une émancipation individuelle et collective favorable à l’usage d’une démocratie réelle, ouverte et participative qui ne dépend plus de facteurs économiques.

    Libéré-e de l’obligation du travail, chaque citoyen-ne aura le temps mais aussi la possibilité de participer à la vie de la cité. La DIA peut dès lors contribuer à une repolitisation de la société et à une resocialisation de la politique en impliquant les citoyens. Ainsi, la manière dont la DIA sera versée doit être décidée démocratiquement et, au moins pour une partie, localement : quelle quantité d’eau, de nourriture, d’énergie est considérée comme un droit et à partir de quel niveau elle devient un produit marchand taxé. De même, la répartition des tâches difficiles et l’organisation de la réalisation de celles-ci devront être discutées et décidées collectivement.

    Cela doit participer à une réappropriation du choix de ce que l’on produit, comment on le produit et pour quel usage.

    Une dotation pour initier une transition vers des sociétés de Décroissance soutenables, souhaitables et conviviales

    Outil de justice sociale, de lutte contre l’aliénation du travail tout en permettant le respect des besoins fondamentaux de toutes et tous, la DIA est indispensable pour engager la société dans le chemin de la Décroissance. Facteur d’émancipation, elle favorise l’autonomie sociale et financière tout en réduisant les inégalités grâce au RMA et en permettant un égal accès aux besoins et services fondamentaux.

    Afin de mieux comprendre ce que pourrait représenter la DIA, nous allons maintenant énumérer de façon sommaire des pistes, des propositions qui sont à explorer, réfléchir, critiquer, à mettre en perspective, à préciser mais aussi à compléter et à inventer pour rechercher ce que serait concrètement une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie.

     

    Uto-pistes sur la DIA

     

    Une partie de la DIA peut être versée en monnaie mais en monnaie locale fondante. Ainsi, la DIA permettrait de s’affranchir de la monnaie traditionnelle en la privant de sa fonction de thésaurisation et de spéculation pour la ramener à ses seules fonctions d’évaluation et d’échange. La DIA, ainsi composée contribuerait à sortir du système financier et monétaire actuel. La monnaie pourrait, aussi, être affectée à une utilisation circonscrite à certains commerces, certains usages ou territoires.

    Il peut toutefois être envisagé de verser une partie, et seulement une partie[20], de cette dotation en monnaie nationale (euros).

     

    Droit au logement et d’accès au foncier

     

    Le logement est un droit fondamental à prendre en compte dans la DIA. La question foncière est difficile mais chaque personne doit pouvoir vivre dans un logement décent et énergétiquement sobre. Chacun pourrait, par exemple, disposer d’un nombre de m² minimum et payer le surplus au prix du marché (d’un marché fonctionnant démocratiquement avec des instances de contrôle et de régulation).

    Ainsi, la loi de réquisition doit être appliquée afin de sortir de la spéculation et de refuser cette injustice et cette absurdité dans nos société dites développées, d’avoir toujours plus de sans abris et de mal logés et des logements vides appartenant à des sociétés ou des particuliers spéculant sur l’immobilier.

    Ce droit au logement doit s’inscrire dans une logique de relocalisation de la vie et permettre de réduire les déplacements quotidiens en repensant l’urbanisme.

    De même pour l‘accès à la terre ou à un local d’activité, cette dotation doit permettre l’accès à un certains nombre de m² pour produire localement des fruits et légumes et/ou à un local pour initier des activités locales faisant sens (atelier vélo, atelier de réparation, services, artisanat, culture…) afin de démarrer, de faciliter, de promouvoir et de soutenir des alternatives concrètes de transition (jardins partagés, Systèmes d’Échanges Locaux, SOL, Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne, initiatives villes, territoires en transition, etc.).

     

    Ressources naturelles et énergétiques

     

    La DIA comprend un droit de tirage sur les ressources naturelles de base (l’eau, le gaz et l’électricité) fondé sur la gratuité du bon usage et le renchérissement du mésusage. Ainsi, les premiers kWh ou m3 consommés seraient gratuits, puis le tarif deviendrait progressif jusqu’à pénaliser les consommations jugées trop importantes. Il n’est plus possible de tolérer que l’eau pour remplir sa piscine ou pour laver son 4×4 soit payée le même prix que celle permettant de laver ses légumes, de faire la vaisselle ou encore de se laver.

    Ainsi, on pourrait imaginer qu’au début de chaque mois, les compteurs d’eau, de gaz, d’électricité soient négatifs d’une certaine quantité.

    • Santé

    Le système de Santé reste une composante de la DIA tant il paraît évident que l’accès aux soins est un droit essentiel pour tout individu, mais aussi un vecteur social fondamental de la vie locale. Cela nécessitera une refonte de l’organisation médicale (de l’organisation géographique pour une santé de proximité au système des mutuelles afin de nous réapproprier nos solidarités). Par contre, tout abus ou médication de confort ne devra pas être gratuite mais bien à la charge du patient. La mise au point, la fabrication et la distribution des médicaments devraient ainsi devenir un service public ou au moins sous tutelle permettant l’indépendance vis-à-vis des lobbies et la diminution des gâchis (à distribuer par exemple à l’unité plutôt qu’en boîte).

    • Education

    L’éducation fait également partie intégrante de la DIA. Le système éducatif devra être réellement gratuit et ne pas générer des dépenses excessives pour les familles. La gratuité doit être totale afin que ce pan essentiel de la vie de nos enfants – mais il en est de même pour la formation continue ou les activités associatives et sportives – reste un espace non discriminant où l’argent n’a pas sa place. Une politique de formation à l’autonomie, c’est-à-dire une formation tout au long de la vie non pas pour trouver un emploi rémunérateur mais s’épanouir individuellement et collectivement selon ses désirs et ses attentes, devra également être envisagée. De même qu’une sensibilisation civique à la vie en société : réappropriation de la politique, écoute, débats, prises de décision, communication non violente, service civique…

    • Transports

    Au niveau des déplacements, les collectivités devront envisager la gratuité des transports collectifs de proximité et mettre à disposition les moyens d’utiliser les transports doux, par exemple en proposant gratuitement des vélos ou en offrant à chaque individu une bicyclette et un forfait entretien. On peut également imaginer un système de forfait kilométrique gratuit de transports en commun dont tout dépassement serait à la charge de l’usager.

    Cette dernière option permettrait notamment de relocaliser l’activité. Ainsi, la gratuité du transport domicile-travail ou domicile-activité sera limitée et ne pourra pas être uniquement à la charge de la collectivité ou de l’employeur car l’employé n’aurait pas forcement intérêt à relocaliser sa vie. La proximité a ses limites et, à nous, de ménager le territoire afin que tout individu puisse réduire ses parcours et relocaliser sa vie. Dans ce cas, si un citoyen désire habiter loin de son lieu de travail, à lui d’assumer ce choix.

     

    Culture et droit à l’information

     

    La culture est un des éléments de la DIA. L’accès aux lieux culturels ne doit pas être freiné par un critère financier mais, au contraire, encouragé par la gratuité et/ou sous forme de forfaits. Parce que la culture est un préalable à toutes pensées politiques, elle doit figurer comme le cœur d’un nouveau paradigme, la société de Décroissance.
    La culture, l’art, nous forme, nous transforme tout au long de notre vie, nous nourrit, nous relie à notre corps, à notre langue, à notre humanité, mais aussi à notre passé, à notre mémoire collective : la langue, qui nous permet d’appréhender le monde, de tenter de le comprendre et de l’imaginer autre, est aussi un courant qui nous relie et nous permet de « faire société », d’agir sur le monde, d’échanger avec l’autre, et donnent envie de vivre pour ceux qui viennent en leur préparant des sources de résistances.
    Comme l’explique la philosophe Marie-Josée Mondzain, défendre la culture n’est pas défendre une politique culturelle, c’est lutter contre l’effondrement de la politique. La culture en tant que condition de la parole, de la circulation des débats, des jugements, est ce qui provoque le changement, ouvre la voie à la création, à l’imagination. Elle est donc indispensable à notre accès à la citoyenneté, à la liberté et à l’égalité.

    Le droit à une information diverse et indépendante est essentiel à la vie d’une société. Ainsi la publicité dans les médias sera fortement taxée afin de financer des médias indépendants et un journalisme d’investigation de qualité.

     

    Conclusion

     

    Il va de soi que cette dotation est à décliner en partie localement, de manière choisie et démocratique, en fonction des contraintes et des besoins locaux mais aussi des cultures et des traditions. On peut envisager de mettre en place cette DIA à différents niveaux (quartier, ville, région, pays, Union Européenne, monde) et aussi en commençant par étape : par exemple localement avec ici la mise en place d’une monnaie locale fondante pour acheter des fruits et légumes produits localement, ou encore là, la mise en place de la gratuité du bon usage de l’eau ou nationalement avec la mise en place d’un revenu inconditionnel d’existence ou de l’accès à la santé gratuite.

    Une dotation inconditionnelle d’autonomie s’inscrirait dans une continuité historique de l’émancipation humaine en élargissant les droits fondamentaux[21] et en donnant une chance réelle d’appropriation de nos choix de vie tout en initiant une bifurcation, une transition vers l’après-développement et la sortie de l’impasse dans laquelle nous amène cette société de Croissance, capitaliste, productiviste et consumériste.

    Version de mars 2012 à télécharger en pdf


    [1] Nous faisons la distinction entre la Décroissance (avec majuscule) qui est à la fois un slogan mot obus, le nom d’un nouveau mouvement politique et aussi le nom d’un projet politique et la décroissance (avec minuscule), qui correspond au sens premier du terme en français comme décroissance des inégalités ou de l’empreinte écologique.

    [2] Cette dernière condition peut être discutée et l’octroi de la DIA conditionné à la participation ponctuelle à des actions civiques ou à la mise en place d’un service civique.

    [3] Vincent Liegey (texte collectif), Novembre 2010, La Décroissance sera-t-elle autoritaire ? La Décroissance sera démocratique ou ne sera pas !, Journal La Décroissance, n°74.

    http://www.partipourladecroissance.net/?p=5008

    [4] Un rapport de 1 à 4 avait été évoqué par le Parti Pour La Décroissance lors des élections européennes de 2009 (listes Europe-Décroissance). http://www.partipourladecroissance.net/?p=2605. De son côté Europe-Ecologie-Les-Verts propose un rapport de 1 à 30 et le Parti de Gauche un rapport de 1 à 20.

    [5] Thorstein Veblen et sa Théorie de la classe de loisir (1899), reprise par Hervé Kempf dans son livre « Comment les riches détruisent la planète », Seuil, Paris, 2007.

    [6] Crise liée à la raréfaction des ressources naturelles qui débouchent sur une augmentation des prix de celles-ci et donc sur des récessions successives qui appauvrissent toujours plus les plus précaires. Voir, entre autres, l’excellente analyse de Richard Heinberg sur la crise de 2008 : « Une récession temporaire… ou la fin de la croissance ? », http://www.partipourladecroissance.net/?p=4425

    [7] André Gorz, « Métamorphoses du travail », Folio Essais, 2004 et « Repenser le travail », écoRev’ n°28, automne-hiver 2007.

    [8] Voir par exemple les initiatives de désobéissance civile dans les services publics et ces agents refusant de suivre des directives allant à l’encontre même de la notion de service public. Ainsi, avec ces ingénieurs qui refusent l’obsolescence programmée et la conception d’objets dans le seul but de faire tourner l’économie.

    [9] Une des objections principales à l’instauration d’une telle dotation découplée du travail salarié est la désertion du marché du travail, c’est-à-dire est-ce que l’on ne va pas choisir « l’oisiveté » plutôt qu’une participation à « l’effort » productif ? Plusieurs contre-arguments peuvent y être opposés parmi lesquels :

    - Plusieurs études ont montré que dans le cas d’un revenu garanti (que ce soit dans le cadre de mise en place expérimentale de la DIA ou pour des gagnants d’une loterie du type 1000 euros par mois), la grande majorité des personnes concernées gardent un emploi.

    - A ceux qui ont peur des tensions que pourraient créer une hypothétique division de la population entre une partie ayant choisi le travail salarié « productif » et une autre partie , considérée comme « parasite » de la société marchande, on pourra rétorquer que le système actuel a déjà un coût non négligeable à leur « charge » et qu’il représente la contrepartie de la société de croissance : coût du chômage de masse et de ses conséquences humanitaires et sociales (exclusion, pauvreté, dépression, alcoolisme…), coût des maladies liées au travail, stress, travail précaire (consommation d’antidépresseurs, arrêt de travail), ou encore des conséquences de ce modèle productif sur l’environnement (pollution, épuisement des ressources) mais aussi des relations nord-sud (pillage organisé du sud par le nord avec 20% des plus riches qui s’approprient 87% des ressources naturelles, guerres d’appropriation des ressources, notamment fossiles), etc.

    - Si tout le monde déserte le travail, cela ne signifie-t-il pas qu’il est pour tous ceux-là, en ce moment, une obligation, une contrainte, une aliénation plus qu’un mode d’épanouissement? Ce sera donc une preuve de plus que l’organisation sociale avait besoin d’être repensée et refondée.

    - Enfin, alors que la souffrance au travail est toujours plus grande, on constate que le nombre de bénévoles est toujours très élevé en France. Ainsi on estime à 12 millions le nombre de français-es qui participent à des activités bénévoles.

    [10] C’est la différence majeure entre la notion de revenu (de base, universel, inconditionnel d’existence…) et de dotation. Nos réflexions sur la notion de dotation s’appuient sur la notion de revenu et les travaux associés (notamment les travaux de Baptiste Mylondo), mais pas seulement. Elles s’appuient aussi sur celles de l’extension des sphères de la gratuité (gratuité, quasi-gratuité du bon-usage et renchérissement du mésusage), les réflexions sur les monnaies locales fondantes et aussi nos réflexions sur une transition démocratique et sereine vers des sociétés de Décroissance, pour une sortie du capitalisme et du productivisme. C’est la critique que nous faisons du revenu inconditionnel bien que nous soulignons l’avancée culturelle et sociale que celui-ci représente. Nous craignons qu’il n’aille pas assez loin et qu’il soit plus un palliatif à une société malade, en particulier du fait qu’il risque de renforcer le système capitaliste en partageant non pas les biens mais l’argent et qu’il ne questionne pas sur le contenu, le sens de l’utilisation de celui-ci.

    [11] Voir les travaux du professeur Yoland Bresson, Baptiste Mylondo, Jean Vassilev, P. Van Parijs, Y. Moulier Boutang, Carlo Vercellone, Jean-Marie Monnier, B. Van Der Lynden ou encore Alain Caillé.

    [12] Voir par exemple le documentaire « L’argent Dette » de Paul Grignon. http://www.partipourladecroissance.net/?p=131

    [13] Voir entre autres, les excellents travaux du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM). Les dettes publiques, au nord comme au sud continuent à justifier la mise en place de politiques d’austérité, de casse des services publiques et de privatisations qui ne servent que l’intérêt de l’oligarchie.

    [14] L’armement et la publicité représentent les deux premiers budgets mondiaux avec respectivement plus de 1000 milliards de dollars et plus de 500 milliards de dollars ! Il s’agit ici d’engager une reconversion de ces connaissances, compétences, expériences et ressources vers des activités socialement et humainement souhaitables.

    [15] Voir l’excellent documentaire : « Prêt à jeter », http://www.partipourladecroissance.net/?p=6055

    [16] Baptiste Mylondo, « Un Revenu pour tous ! Précis d’utopie réaliste », les éditions Utopia, 2010.

    [17] Nous souhaitons insister sur la notion d’ouverture c’est pourquoi on parle de relocalisation ouverte afin de bien la distinguer d’une logique de replis identitaire. En effet, un des risques avec la notion de relocalisation est de retomber dans des sociétés s’enfermant dans l’entre-soi. Le projet de Décroissance est un projet d’émancipation humaine qui ne pourra passer que par une ouverture culturelle et sociale vers l’autre.

    [18] Monnaies locales fondantes : il s’agit d’une monnaie dont la valeur diminue dans le temps, afin de lutter contre la logique de spéculation. Son but est de promouvoir des échanges et une économie locale et soutenable.

    [19] Résilience : concept souvent mis en avant dans le mouvement des villes en transition, il s’agit de la capacité d’une communauté à résister aux crises à venir, en particulier se préparer au pic de pétrole en sortant de notre dépendance à celui-ci.

    [20] Voir note 6 sur la différence entre revenu (de base, universel, inconditionnel d’existence…) et dotation.

    [21] Le principe de cette dotation, donnant le droit de vivre dignement de la naissance à la mort de manière inconditionnel, pourrait être une extension de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen.

     

     


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  •    Réponse aux divers mouvements de la décroissance 

     

    Sinon, pour prolonger les idées et les convictions lors des réunions et celles contenues dans les tracts, j’aurais à vous soumettre quelques pensées et propositions :

     

    Je crois profondément que nous sommes à un instant charnière et que le moment est venu, bien choisi, d’unifier toutes les tendances qui portent le changement et qui remettent en cause le capitalisme et son acolyte le libéralisme. 

     

    Il faut rassembler sans relâche toutes les mouvances écologiques qui agissent pour la planète. Essayer autant que faire se peut d’associer la population et lui faire prendre conscience de l’urgence de la situation, hors de toutes manipulations idéologiques et/ou partisanes, en étant sincères et vrais dans la vérité et la réalité. 

     

    Dès maintenant savoir que nous avons un rôle à jouer et que nous sommes les vecteurs en marche, en étant des liens qui unissent et s’unissent à d’autres liens, en formant la trame qui tisse la toile de toutes les personnes, groupes, organismes encore éparpillés sur le territoire en France et hors du pays.

     

    Nous devons être divers et UN. Nous sommes la volonté ardente d’un avenir radieux, c’est désormais notre message d’optimisme. 

     

    Nous savons que l’humanité va vers le mur, que la planète est exsangue, à bout de souffle et de ressources, que l’homme est son pire ennemi et qu’il scie la branche qui le soutient, le berce et le nourrit. Nous savons tous cela.  

     

    Dorénavant, soyons la part d’humains qui comme le colibri fait sa part, qui propose, agit vers la lumière d’une renaissance, d’un autre monde que nous allons construire tous ensemble, nous les hommes de bonne volonté.

     

    Foin de toujours constater le pire et le défaitisme, nous devons au contraire incarner l’espoir auquel chacun, au fond de sa conscience, de son cœur, aspire. 

     

    Nous sommes les colporteurs de bonnes nouvelles, le courant qui draine le changement par l’exemple. Notre mission est de redonner le moral aux citoyens et non de toujours les accabler du spectacle des turpitudes de ceux qui pensent présider. Ne jouons plus à ce jeux pervers. 

     

    Ce n’est plus l’heure des constats mais du bilan. L’heure des constats est dépassée et il faut retrousser notre imaginaire. 

     

    Ne soyons plus les prophètes de l’apocalypse et du malheur mais, sachons frapper les trois coups à la porte du bonheur pour une nouvelle représentation d’une humanité renouvelée sur scène. Les jours heureux n’attendent que nous si nous en avons la volonté. 

     

    Je ferais suivre quelques suggestions d’un plan d’actions immédiates au fur et à mesure 

    Pour les prochaines réunions, je pense qu’il serait bien d’organiser des tables rondes avec un thème : quel monde voulons nous ? Comment le construire et l’organiser ?  

    Un grand brainstorming ;   L'idée générale de la méthode est la récolte d'idées nombreuses et originales. Deux principes définissent le brainstorming : la suspension du jugement et la recherche la plus étendue possible. Ces deux principes se traduisent par quatre règles : ne pas critiquer, se laisser aller (« freewheeling »), rebondir (« hitchhike ») sur les idées exprimées et chercher à obtenir le plus grand nombre d'idées possibles sans imposer ses idées.

     

    Ainsi, les suggestions absurdes et fantaisistes sont admises durant la phase de production et de stimulation mutuelles. En effet, les participants ayant une certaine réserve peuvent alors être incités à s'exprimer, par la dynamique de la formule et les interventions de l'animateur. C'est pour amener à cet accouchement en toute quiétude que l'absence de critique, la suggestion d'idées sans aucun fondement réaliste, et le rythme, sont des éléments vitaux pour la réussite du processus

     Et CONVIER tous ceux qui voudront bien participer (Grandes affiches) suggestion d'un site yahoo pour un brainstorming national.

     

    Michel Piriou  

    Montreuil 13/03/12

    " La pensée" de la nature est circulaire, la pensée humaine est linéaire, elles ne peuvent donc  ni se rejoindre ni se recycler pour l'instant (copyright).

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

     

     

     

     

     

     

     


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  • L’Autre Net est une association qui héberge vos sites web depuis 2001, mais aussi vos emails, ou tout autre service web utile à ses membres.

    Tous les acteurs de lautre.net (trésorerie, technique, courrier...) sont bénévoles.

    Basée sur une gestion solidaire du service, une mise en commun des moyens menant à la production d’un service par ceux qui le consomment, et le partage de coûts d’hébergement, l’association existe depuis 2000 et compte environ un millier de membres à ce jour.

    L’Autre Net défend par ailleurs une indépendance technique forte, la liberté d’expression de ses membres, et l’aide à la prise en main des outils liés aux TIC (Technologies de l’Information et de la Communication).


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  • L'association (AMAP) nommée Consom'solidaire avec qui nous intervenons depuis qq années sur les jardins partagés de la poterne et de l'aqueduc nous propose de participer à l'organisation des rencontres des circuits courts* (voir définition en bas de mail) qui se dérouleront sur une péniche au bord de la Seine le 13 Mai 2012 pour la seconde édition.

    Pour ce faire, deux réunions sont programmées :
    - réunion programmation : le 8 février à partir de 19h à la Maison des associations Paris 13ème (salle rouge) - 11 rue Caillaux M° Maison Blanche.
    - réunion logistique : le 6 Mars à 19h30 au 25 rue du Moulinet-Paris 13ème

    Voir le détail ci-dessous de ces deux réunions.

    Merci de me dire si vous compter venir à l'une de ces deux réunions.

    A +
    Catherine
    ------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Réunion Programmation

    Les SEListes souhaitant aider Consom'solidaire sur les aspects de programmation (choix des intervenants ou des thématiques des ateliers, tables rondes et conférence, sont conviés à une réunion du comité de pilotage :
    - le mercredi 8 février à partir de 19h à la Maison des associations Paris 13ème (salle rouge) - 11 rue Caillaux M° Maison Blanche

    A l'ordre du jour du 8 février :
    -Présentation de l'avant-projet (dossiers de présentation et demande de financement)
    -Programmation du contenu (suggestions et confirmations)
    -Point sur les partenaires engagés
    -Divers

    
THEMES des tables rondes et débats-projections liés aux enjeux des circuits alimentaires de proximité :
 


    1/ Professionnalisation et bénévolat-prix des produits-revenus des paysans

    2/ Dérives de l'agriculture biologique, préservation des semences et luttes foncières

    3/ Éducation alimentaire et restauration collective, rôle de l'information alternative

    4/ Cadre juridique et législatif, politiques publiques : avenir des circuits courts

    Réunion Organisation logistique

    Les SEListes souhaitant aider Consom'solidaire sur les aspects logistique (restauration, décoration du lieu, stand d'information ->à définir ensemble) sont conviés à la prochaine réunion logistique :
    - le Mardi 6 Mars à 19h30 au 25 rue du Moulinet-Paris 13ème

     

    -----------------------------------------------------------------------------
    Définitions

    ■ Un circuit court est un mode de commercialisation des produits agricoles qui s'exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte à condition qu'il n'y ait qu'un seul intermédiaire entre l'exploitant et le consommateur.
    ■ Le producteur peut réaliser la commercialisation de ses produits en nom propre ou par le biais d'une autre entité juridique que celle de l'exploitation.
    ■ Ne sont concernés que les produits issus de l'exploitation et destinés à l'alimentation humaine.

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    Pour préparer l’Assemblée Générale du 12 mai 2012

     

    CherEs adhérentEs et sympathisantEs,

    Nous avons prévus de nous réunir en Assemblée Générale, à Paris, pour des raisons pratiques (voir le réseau SNCF !), à la date du samedi 12 mai.

    Nous aimerions que touTEs ceux et celles qui souhaitent se joindre à nous se manifestent en nous envoyant une simple réponse affirmative (avec leur nom) par retour de mail, afin que nous puissions nous organiser au mieux et trouver le lieu adéquat. Vous pouvez aussi nous préciser votre lieu de résidence, afin d’étudier les possibilités de co-voiturage.

    Dans les temps précédant l’AG, nous vous ferons parvenir les textes et projets dont nous aurons à discuter et que nous validerons par consensus. Seuls les avis des membres adhérents seront retenus (1) ; ceux qui souhaiteraient exprimer leurs opinions par procuration pourront le faire, et les sympathisantEs qui veulent se joindre à nous et être pris en compte pour les validations pourront adhérer entre temps.

    Nous profitons de courriel pour vous envoyer le compte-rendu du Conseil National de janvier dernier

    A noter aussi, qu’avec nos amis du MOC (2), nous sommes en train de préparer un appel commun à participer aux élections législatives, partout en France. Surveillez vos boîtes mails et notre site web (3).

    Restant à votre disposition pour davantage d’informations,

    Anisabel pour le PPLD

     

    (1) Dorénavant, les adhésions durent un an à partir du mois d’adhésion. Pensez à la renouveler :

      

    http://www.partipourladecroissance.net/?page_id=3992
    (2) http://www.les-oc.info/

    (3) http://www.partipourladecroissance.net/?cat=41




    Et aussi :

    Crise de la dette : le plan B


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                                    Rencontre-débat avec le collectif Francilien   Pour la  Décroissance 

     

     « Qu’est ce que la   décroissance ? »  

       

                                                                      99, rue de Charenton   Paris 12° 

            
                                                                               métro : Reuilly Diderot 
                                  

     

     

    Entrée Libre à l’Hélicon !

     


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  • A l'initiative du sens de l'humus {http://senshumus.wordpress.com/2011/10/07moisson-exceptionnelle-de-ble-a-montreuil//}

    L’élaboration du pain fait l’objet de multiples étapes, qu’on aurait trop tendance à oublier lorsqu’il nous tombe tout chaud dans la bouche dans la boulangerie. De multiples versions existent pour chaque étape, depuis les plus anciennes, jusqu’aux ultra-modernes faisant intervenir la traction animale par exemple ; mais les grand traits restent les mêmes.

    Cette élaboration fait d’abord intervenir le cycle annuel des cultures, puisque c’est de là que vient le blé du pain. L’on peut choisir comme début arbitraire dans le cycle, le labour de la terre, pratique que certains abandonnent, mais qui reste d’actualité. Après le labour, doit être effectué le hersage qui sert principalement à casser les mottes de terre laissées par le labour. Vient alors l’ensemencement du sol avec des grains, avec une partie de la récolte de l’année précédente, ou des grains de blé achetés.

    La croissance des plants de blé a lieu. D’aucuns effectuent un ou des désherbages. De la protection contre les ravageurs. Des rituels biodynamiques, ou encore technoscientifiques pour d’autres (aspersions d’engrais, pesticides, raccourcisseurs…). Lorsque vient le temps de la moisson, les versions divergent, selon qu’on a une moissonneuse-batteuse qui sépare le grain, ou pas. Supposons que non. Alors, on récolte les parties aériennes des plants presque entières et on les stocke au grenier. Plus tard, on les ressort pour les battre, c’est-à-dire séparer le grain de la paille.

    C’est ce que certains montreuillois, parisiens, franciliens eurent l’honneur d’effectuer, sur une autoroute, le dimanche 25 septembre 2011, sur le stand de notre association dans le cadre de la manifestation « La voie est libre ». Divers types de battages ont existé à travers les âges, nous usâmes d’un des plus ancestraux : avec un fléau, outil constitué de deux morceaux de bois longs et cylindriques accrochés par une articulation en fer…dont la description textuelle de la forme et de l’usage ne vaut rien, à mon avis : pour comprendre, effectuons de la pratique sur place, donc je ne détaillerai pas plus. De toutes façons, beaucoup se font une idée de ce travail de battage au fléau, dont la pratique tient encore une place dans l’imaginaire collectif par quelques images ; mais pour combien de temps ?

    Juste après le battage a lieu le triage du grain ainsi séparé, ou au moins un premier triage. Le matériel ancien dédié à cette tâche s’appelle un tarare. Un ventilateur souflle les éléments légers, une grille sépare les autres par calibre. Dans le cadre du battage menitonné ci-dessus, le tarare était actionné par une manivelle.

    Un peu d’autre chose que le blé passe à travers la grille du tarare, mais il est éliminé à une des étapes suivantes. Ne pas oublier d’abord : l’ensilage. Et au fur et à mesure des besoins, par exemple chaque semaine, a lieu : le meulage. Celui-ci est effectué soit avec une meule en pierre, soit, dans une version industrielle, par écrasement avec des vis en acier, enfin je crois, je n’en ai jamais vues, on m’a juste raconté. On obtient donc de la farine, laquelle est utilisée pour faire le pain.

    Pour cela, on mélange un tiers d’eau et deux tiers de farine. Un peu de sel. La farine peut provenir en partie du levain qu’on tient en vie toute l’année pour faire lever la pâte ; sinon, l’agent levant utilisé dans l’élaboration du pain version industrielle, est la levure.
    On malaxe.
    Placée à bonne température, la pâte lève quelques heures, des bulles se créent à l’intérieur. On place ensuite le pain dans un four très chaud, chauffé au gaz, à l’électricité (versions ringardes) ou au bois. Quelques dizaines de minutes après, on ressort le pain, il est consommable. Mais quel effort! Si la lecture de cette élaboration fut éprouvante (et encore manque t-il certainement des étapes), d’autant plus que l’article manque d’être richement illustré, songez donc ce qu’il en est de toutes ces tâches à réaliser effectivement pour avoir du pain!

    Mais il s’agit là de travail vivant, en ce sens qu’il implique pleinement l’être dans sa sensibilité, qu’il n’y a pas de mise en abstraction, que le producteur fait corps avec son travail dont dépend l’assouvissement de ses besoins sans la médiation de l’argent. A ce propos, pas plus tard qu’hier soir, mon amie dont le travail, comme de plus en plus de gens, implique d’utiliser un ordinateur presque toute la journée, s’est laissé aller à une défense de la médecine moderne. Disant que dans de nombreux cas, les gens risquaient de mourir pour des raisons qui ne sont plus aujourd’hui d’actualité. Certes, lui répondis-je, on risquait de mourir, mais à l’époque on avait aussi une chance de vivre. Tandis que dans les sociétés industrielles ou post-industrielles tertiarisées, y a-t-il une vie avant la mort ? La question se pose. Bref, laissons de côté cet autre débat.

    A la suite du battage mentionné ci-dessus, l’étape de la fabrication de pain aussi mentionnée, aura lieu à Montreuil, le samedi 19 novembre 2011. Plus d’infos nous seront fournies par les co-organisateurs. A bientôt donc.


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  •  

    CONTRAT DE PARTENARIAT 

     

     

    Entre les soussignés : 

     

    L’éco-réseau solidaire francilien, 

    représenté par, M. Piriou Michel

    et toute l'équipe.

     

    Domicilié à : 3, rue Jules Guesde 93100 Montruil 

    Téléphone : 09 53 72 69 36 

    Email :           michel80free.fr 

     

    Ci-dessus désignée sous le vocable les facilitateurs de l’éco-réseau solidaire . 

    francilien, stratégies locales pour relier.

     

    D’une part.  

      

    Nom de l’organisme 

    …………………………………………………………………………………………………………….

     

    Représenté par  

    …………………………………………………………………………………………………………….

     

    Domicilié à : 

    Téléphone : 

    Email : 

      

    Désigné sous le vocable «…………», 

      

    D’autre part. 

      

    Il a été convenu et arrêté ce qui suit : 

     

    Article 1 : Objet du contrat 

    Le présent contrat a pour objet d’appuyer l’association………………..…. …………afin de lui faciliter l’exécution de sa mission dans le cadre de ses valeurs; …………………………………………………………………………………………………………………

     Article 2 : Engagement de l’éco-réseau 

    …………………………………… s’engage à : 

     

    Article 3 : Engagements de L’association

     

    ……………………………………. s’engage à :

     

    · Accompagner et encadrer l’éco-réseau et l’association  dans la réalisation de leurs projets respectifs et des valeurs communes. 

    · veiller au suivi technique et financier des projets exécutés par les deux 

    organisations.

     

    Dans le cadre de la charte et conformément au budget et au document joint en annexe spécifiant les activités concernées. 

    · se conformer dans l’exécution de ses tâches aux dispositions en vigueur dans le guide de procédures de partenariat. 

     

    Article 4 : Entrée en vigueur et Expiration 

    Le présent contrat entre en vigueur dès la date de sa signature par les deux parties et expire au terme de la période spécifiée à l’article 2

     

    Fait à,  

    Pour l’éco-résau 

    Pour l’association

     

    Qualités et émargements

     


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