• On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré

     

    "On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré"
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    Sans surprise, les négociations de la Cop21 végètent déjà. Et quand bien même un accord serait trouvé in extremis, il ne permettra que de polluer moins, plus longtemps. C’est ainsi et c’est logique, la société ne changera qu’avec un nouveau mode de pensée. Mode de pensée incarné par une petite portion d’humains dans le monde. Combien d’habitants des pays industrialisés pratiquent le « zéro déchet » ? Combien y sont parvenus ?

     


    Les promoteurs de la Cop n'ont  pas le monopole des solutions contre le réchauffement climatique, bien au contraire : lorsqu'on a un marteau dans la tête, on voit tous les problèmes sous forme de clou. Depuis des années, j’écris des articles pour que la société civile s’autonomise, j’irai même mettre un carton rouge dans les urnes pour me réapproprier mes choix de vie.

     

    Écrire sur les négociations climatiques en cours, c’est marcher sur des sables mouvants et s’enliser. La cop 21 au Bourget se joue à guichet fermé. C’est une immense scène de théâtre où les acteurs sont dans leur rôle mais cela reste une pièce de théâtre sans lien avec la réalité hors de l’enceinte. D’ailleurs, sur la pression des rois du pétrole, le terme « énergie renouvelable » a été banni de la conférence.

     

    Le mandat confié à la COP21 est-il sur la bonne voie ? Rappel: qu’est-ce que le mandat?

     

    Etabli à Durban en 2011, le mandat des négociations est clair : définir un instrument juridique qui prenne la suite du protocole de Kyoto à partir de 2020 et renforcer les engagements de réduction des émissions de GES afin de revenir sur une trajectoire permettant de rester en deçà de 2°C. Comme le montrent désormais de nombreuses études, y compris l'évaluation réalisée par l'ONU.

     

    C’est la parade du cirque des hypocrites, des chefs d’Etat qui se les roulent dans de grosses bagnoles. Pas l’ombre d’un véhicule hybride ou électrique dans ce cortège fantôme. C’est normal et c’est logique, avec un marteau dans la tête il est impossible de penser autrement et de changer ses habitudes. La plupart des dirigeants n’ont que faire de la COP 21, comme des protocoles de Kyoto et de Durban qui sont passés à la trappe. Leurs intérêts nationalistes immédiats priment sur le devenir de la planète à l’horizon 2050, car ils auront disparu du monde politique, morts et enterrés avant que la mer envahisse leurs terres ! Aucune des puissances de la planète n'en a la volonté. Rien d'étonnant disais-je… La moitié du mandat de la COP21 n'est même pas atteint et ne le sera pas d'ici le 11 décembre.

     

    Et que dire de l’autorisation accordée aux multinationales d’une exposition « Solutions COP 21 » où le Grand Palais déroule un tapis rouge aux multinationales qui viennent se faire mousser dans  une opération massive de verdissement de leur l’image. Totalement indécent en pleine conférence sur le climat. On mesure avec effarement le décalage spirituel de ces « messieurs » du gouvernement d’avec la réalité et l’emprise psychologique des lobbyistes. Nous nageons de fait en pleine irréalité.  Les vraies solutions sont ailleurs.   

     

    Les responsables sont pourtant connus, principalement les pays du Nord, notamment ceux qui sont regroupés dans le groupe appelé « Umbrella Group » la Russie, le Japon, les Etats-Unis, l'Union européenne... Que le futur accord de Paris comporte un mécanisme d'évaluation des « progrès » réalisés dans la mise en œuvre des contributions nationales ne fait guère débat. Le nouveau texte repousse néanmoins cette première évaluation à 2024, l’art de repousser la patate chaude. Par ailleurs, l'introduction d'un mécanisme d'inventaire et de révision dès 2017 ou 2018 n'est plus explicitement mentionné dans la partie qui porte sur la période prè-2020. Pas plus que l'option consistant à demander aux pays développés de « réviser leurs objectifs de réduction d'émissions » pour « atteindre 25 à 40 % de réduction d'émissions d'ici à 2020 », ce qui est pourtant le minimum syndical exigible, selon le GIEC, pour espérer rester en deçà des 2°C de réchauffement. Seul un minuscule processus d'examen technique des mesures d'atténuation" doit être mené de 2016 à 2020. Pourquoi pas 2050 et l’an 5000 ? Comme est sublime l’art du repoussoir au lendemain en politique. On glisse sous le tapis les réalités qui dérangent. Pensons à notre île de Pâques.

     

     

     

    Que retenir donc de cette semaine de négociations ? 

     

    Une chose principalement : les envolées discursives des chefs d'Etat et de gouvernement du lundi 30 novembre n'auront été qu'une parenthèse historique dans un long processus de négociations qui nous conduit inéluctablement sur une trajectoire de réchauffement supérieure à 3°C. De ces discours salués par la grande majorité des commentateurs, il ne reste rien. Du moins, pas dans le texte. Ou alors qu'un simple souvenir sans consistance.

     

    Pas d’accord sur une taxe Tobin européenne finançant les aides aux pays les plus touchés par le réchauffement. Les négociations sur une taxe sur les transactions financières continuent de patiner. À peine dix États ont fini par s’entendre sur l’assiette de la taxe. Certains s’attendaient à un accord triomphal, en plein milieu de la COP21 mais le miracle n’a pas eu lieu.

     

    C'est un peu comme si un groupe de marcheurs se trouvaient sur un sentier conduisant vers un précipice, que les GPS signalent l'erreur de parcours depuis longtemps, mais qu'aucun des marcheurs ne se décide à stopper le groupe pour changer de direction. C'est donc à la société civile de bifurquer – de sauter par-dessus le gouffre - Nous avons besoin « urgent besoin » d'un ouragan citoyen pour renverser la table des négociations et les négociateurs. Sinon, qui d'autres le fera à notre place ?

     

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    A Rio déjà, même les médias n’attendaient pas grand-chose de ce type de sommet comme on peut le constater en lisant les unes de la presse et en particulier celle du Monde datée du 20 juin 2012 : L’économie verte déraille à Rio+20, l’article commençant par : « La conférence des Nations unies sur le développement durable, qui doit se dérouler du mercredi 20 au vendredi 22 juin à Rio de Janeiro, sera-t-elle jouée avant même d’avoir débuté ? »

    La crise (comprendre économique et financière) pèse sur les négociations" .« Le cycle de négociations, qui a débuté en janvier, a pâti de la crise financière et de l’incapacité des pays industrialisés à prendre des engagements financiers clairs ainsi que l’exigeaient les pays du sud. »

    Et pour conclure : « En comparaison avec le sentiment d’urgence diffusé par les nombreux experts présents à Rio, qui s’inquiètent – presque unanimement – des dangers qui menacent l’humanité si celle-ci ne parvient pas à adapter ses modes de production et de consommation à la raréfaction des ressources, combinée à la croissance démographique, les décisions concrètes qui émergeront de ce sommet risquent de paraître bien timorées. »

     

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    En fait à travers ce titre, cette introduction et cette conclusion, on retrouve toutes les contradictions que les objectrices et objecteurs de croissance dénoncent depuis déjà bien trop longtemps. Que sont croissance verte, développement durable, économie verte, comment concilier baisse de nos consommations et sauvetage de notre système économique ? On mélange tout sans jamais faire le lien entre tous ces paramètres et on utilise des expressions vides de sens.

     

    Rio ou Paris, ce type de rencontres est voué à l’échec, comme notre société de croissance, puisqu’elles essaient de trouver des compromis entre des acteurs et des visions fondamentalement contradictoires. De plus, la plupart des organisateurs, des acteurs et des observateurs, aveuglés par leur religion de l’économie, ne s’en rendent pas compte.

    Des impostures comme le développement durable, la croissance verte et de manière générale le greenwashing, sans oublier la foi dans le progrès technique et scientifique, participent à empêcher d’identifier et d’analyser le fond du problème, c’est à dire un modèle de civilisation qui est dans une impasse ! Nous faisons preuve d’une forme d’obscurantisme des temps moderne où la religion est celle de la Croissance, soi-disant seule capable de résoudre tous nos problèmes (crise économique, chômage, progrès technique, développement) mais aussi d’apporter un bonheur illusoire (profiter de la jouissance de la surconsommation à l’occidentale).

     

    20% de la population mondiale s’approprie 87% des ressources de la planète.

     

    Nous vivons dans une société  institutionnellement, économiquement, financièrement mais aussi culturellement, psychologiquement, socialement et politiquement toxicodépendante à la Croissance !
    Or, comme nous le savons, une croissance infinie dans un monde fini n’est pas possible et encore moins souhaitable. Force est de reconnaître que cette prise de conscience s’élargit, mais cela n’est pas suffisant. L’enjeu est donc de sortir de la société de croissance et d’imaginer des modèles alternatifs et un chemin pour y parvenir.

    Cela commence chez nous, les plus riches, là où nos modes de consommation ne sont plus soutenables et nous obligent à exploiter le reste de la planète. Il faut aussi sortir de ces politiques destructrices que nous imposons et que nous appelons, non sans hypocrisie, développement, lorsqu’il ne s’agit pas de guerre humanitaire.

     

    Moins de biens, plus de liens.

     

    Cela n’est possible qu’avec une sortie de notre système économique et donc en défiant l’oligarchie qui en profite !
    Le plan B existe bel et bien, il n’est ni dans l’austérité, ni dans la relance mais dans la Décroissance : c’est à dire à travers une décolonisation de nos imaginaires et une transition démocratique et sereine vers des sociétés soutenables et souhaitables. C’est pourquoi, des propositions doivent être discutées :

     

    1) De ne pas rembourser les dettes publiques, de nous réapproprier démocratiquement la banque centrale et de manière générale le système et la création monétaire.

     

    2) A travers cette réappropriation de l’outil économique, de protéger les populations européennes afin qu’elles retrouvent de la sérénité et de l’espoir et par là même se réapproprient leurs choix de vie. Nous proposons ainsi la mise en place d’un revenu inconditionnel d’existence se déclinant de manière transitoire sous forme d’une dotation inconditionnelle d’autonomie.

     

    3) La mise en place d’un revenu maximum autorisé.

    4) La mise en place d’une transition énergétique et agricole s’appuyant une
    relocalisation ouverte et s’inscrivant dans le questionnement : qu’est-ce qu’on produit ? Comment ? Pour quel usage ?

    5) Le remboursement de la seule vraie dette que nous avons : la dette envers les pays du sud que nous colonisons, pillons, détruisons depuis des décennies. Sans eux, leur main d’œuvre que nous exploitons et leurs ressources que nous nous approprions, nos modes de consommation seraient impossibles. A nous de leur rendre ce que nous leur avons volé, et en premier leur auto-détermination !

     

    Plus de 40 ans après le premier sommet de Stockholm, et la publication du rapport Meadows, les travaux de Nicholas Georgescu-Roegen, mais aussi l’An 01 de Gébé, plus de 25 ans après la sortie du rapport Brundtland donnant naissance à cet oxymore qu’est le développement durable, à Rio, « on prend les mêmes et on recommence » et le refrain sans fin revient à Paris :

     

    la Cop est morte, vive la Cop ! Vive la flop 21 ! 

     

    ... La patate chaude est désormais sous l'égide du Maroc pour la Cop 22 ...

     

    "Un article publié dans une revue par MP"

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « Futurol, un bioéthanol bon marché et réellement écoloNe m'appelez plus jamais "Démocratie" mais Oligarchie... Non! Ploutocratie »

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