• Quel système politique pour la décroissance?

    Christian Laurut a partagé le statut de Demain La DécroissancePhoto


     La situation de décroissance inéluctable va commencer à s’installer dans quelques années par suite de la déplétion des ressources fossiles et minérales, d’une part, et de l’impossibilité de leur trouver des substituts à l’identique, d’autre part. Cette situation sera objectivement révolutionnaire car la plupart des référentiels actuels seront balayés.... L’Etat, notamment, perdra toute crédibilité puisque son discours depuis deux siècles s’appuie sur un principe axiomatique de croissance durable et nécessaire, alors que les lois physiques viendront contredire radicalement ce théorème fallacieux.

    Il convient donc, dès maintenant, de réfléchir à une reconfiguration complète de l’Etat, ainsi que des relations politiques qui devront s’établir entre l’individu et la collectivité. Pour accompagner cette décroissance industrielle, un simple replâtrage en forme de remaniement partiel de telle ou telle disposition législative ne suffira pas. C’est l’ensemble de l’organisation de la vie sociale qu’il faut repenser, en tirant tous les enseignements de la bulle civilisationnelle qui, ayant aujourd’hui atteint son apogée, va commencer bientôt à se dégonfler devant nous. Il n’est pas trop tard, ni trop tôt pour bien faire, même si nos réflexions doivent durer plusieurs années avant qu’elles ne puissent être finalisées et que nous puissions être en mesure de proposer à tous un schéma politique adapté et basé sur une Constitution nouvelle. Les enjeux sont déjà lancés avec en toile de fond l’affrontement d’un projet qui placerait (encore une fois) l’individu déresponsabilisé en dépendance d’un Etat-tout-puissant supposé vertueux et d’un autre qui opterait (enfin !) pour un individu responsable prévalant sur un Etat-serviteur.

    Les grandes lignes de cette réflexion pourraient être les suivantes :

    - La décroissance industrielle est inéluctable. La date de début de cet événement n’est pas connue avec certitude mais elle se situera au moment où la production mondiale de pétrole commencera à diminuer. Elle sera probablement accompagnée d’une désagrégation du système monétaire mondial, qui repose sur la seule circulation du crédit.

    - La seule action politique utile aujourd’hui consiste à envisager et schématiser un nouveau système susceptible d’accompagner au mieux cette situation inédite dans l’histoire humaine, à savoir le dégonflement rapide d’une bulle civilisationnelle.

    - Compte tenu de la faillite du discours étatique bi-centenaire (« tout pour la croissance ! »), l’Etat est considéré comme disqualifié. Il sera rétrogradé au grade d’humble serviteur du peuple, selon des modalités et des attributions à définir. L’individu responsable est déclaré prépondérant sur l’Etat. Ces deux principes doivent guider chaque article de la rédaction constitutionnelle.

    - Aucun parti politique actuel n’est en mesure de proposer, ni même d’envisager une telle démarche. De plus, aucun militantisme se donnant pour objectif d’influencer de l’intérieur tel ou tel parti ne saurait être entrepris avec une quelconque chance de succès.

    - Cette démarche ne peut donc s’initier que par l’intermédiaire d’un Mouvement de réflexion, débouchant, à terme, sur la création d’un nouveau parti. Cet itinéraire de travail préparatoire pourrait durer plusieurs années, il comporte plusieurs étapes :

    1ère étape : travailler à la rédaction d’une nouvelle Constitution.

    2ème étape : s’allier avec d’autres mouvements, dans le cadre d’une action circonstantielle, pour faire aboutir l’adoption du référendum d’initiative populaire

    3ème étape : communiquer sur le contenu de la nouvelle Constitution, une fois celui-ci finalisé

     4ème étape : proposer l’adoption de cette nouvelle constitution en remplacement de l’actuelle, par le biais d’un référendum d’initiative populaire.

    L’IMPOSTURE DES ECOLOGISTES ET DES VERTS

    Un imposteur est un individu qui fait croire qu’il est une certaine personne, alors qu’en réalité, il est quelqu’un d’autre. C’est précisément ce que font les écologistes en s’autoproclamant dépositaires d’une science dont ils ignorent presque tout. L’écologie est une science neutre, qui étudie les lieux et conditions d’existence des êtres vivants (animaux ou végétaux) ainsi que les rapports qu’ils établissent avec leur environnement. Les écologistes travestissent cette science neutre en une doctrine supposée bienveillante envers l’homme et la planète qui l’héberge (provisoirement) et constitutive d’un fonds de commerce électoral dans le cadre d’une politique politicienne parmi les plus conventionnelles. Les véritables techniciens de cette science, les écologues, (dont aucun ne figure d’ailleurs parmi les principaux représentants de cette mouvance), se trouvent ainsi dépossédés de leur expertise au profit d’une action politicienne s’inscrivant dans le carrousel général de la vie publique sans aucune spécificité particulière. Mais l’imposture ne s’arrête pas là, car ils extrapolent de cette science des slogans mystificateurs (planète en danger, développement durable, effets anthropiques, réchauffement climatique, etc…) qu’ils utilisent comme argumentaire d’un nouveau business parfaitement en phase avec la société marchande. C’est le « capitalisme vert », ou « green business » en anglo-saxon, qui consiste à développer une activité originale, basée sur des chimères non rentables mais financée par des prélèvements sur le contribuable. Ce capitalisme d’un nouveau genre cumule donc les avantages d’une clientèle captive et d’un subventionnement étatique, et présente une attractivité si forte que même l’économie traditionnelle l’intègre dans son fonctionnement en « verdissant » ses produits autant que faire se peut : c’est le « green washing ». Il est temps de renvoyer à leur incompétence ces charlatans verts et refonder un mouvement prenant essentiellement en compte la réalité de la décroissance économique inéluctable de demain.

      

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