• Une autre façon de considérer la décroissance

      

    On peut aussi définir la décroissance comme une résistance « l'ensemble des combats menés au nom de la sauvegarde de la planète, du vivant et de la dignité humaine » contre l'occupant (les libéraux) et ses aides. La décroissance doit être appelée à s'organiser comme une logique d'occupation, à laquelle correspondent des mouvements et les formes civiles. Ou bien, en fonction des réactions des dominants, comme une logique de guerre à laquelle se rattacheront des réseaux plus ou moins clandestins et donc à une lutte selon une stratégie militaire.  

    Cette lutte peut consister en des actions de renseignements et de compréhension des aspects civils et non-violents comme l'existence d'une vaste toile web chiffrée, la diffusion de tracts,  l'organisation de grèves et de manifestations, la mise sur pied de multiples filières pour initier les citoyens conscients, (cf insurrection des consciences) les réfractaires au système libéral. La résistance peut se manifester en ville comme à la campagne, surtout après la naissance de zones privilégiées en rupture et en transition du modèle néolibéral. Les décroissants formeront l'avant garde de l'armée des "clairvoyants" rassemblant des hommes et des femmes de tous horizons, exposés tous à une forte répression de la part du système mondial ou encore de l’état français.  

     Si la résistance active et organisée compte au moins 2 ou 3 % de militants, elle doit s'appuyer sur l'ensemble de la population française pour survivre et se développer, avec de multiples complicités populaires si nous devions basculer à une époque "d'îlots".L'histoire du monde fini commence disait Paul Valery, c'est celle de la décroissance et de la résistance intérieure  qu'il s'agit  d'unifier  sous l'égide d'un grand mouvement citoyen par La création du Conseil national de la décroissance puis celle des Forces militantes de l'intérieur, marquant les jalons essentiels d'un processus d'unification qui sera  difficile, parfois sanglant face à la dictature capitaliste et sa guerre froide contre les peuples, mais sans équivalent dans le reste de l'Europe dominée.  

    L'avenir ne se décrète pas, il se construit dans la souffrance, la fraternité et le bonheur parce que nous sommes la seule solution, les mutants du seul avenir possible non seulement de l'humanité, mais de tout le règne du vivant sur notre minuscule planète perdue dans l'immensité de l'univers.

     La vie à un prix, son prix et nous, " les justes décroissants" sommes-nous prêts à le payer à son juste prix?
     

     
     

    Le point de vue politique 

     

    Si nous plaçons la décroissance d'un point de vue strictement politique où les manifestations de résistance sont considérées dans la mesure où elles changent la donne politique, notamment en donnant une légitimité aux théories, aux écrits, aux pratiques alternatives d'abord, il est incontestable que de nouveaux pouvoirs émergeront localement qu'il faudra canaliser et gérer pour ne pas retomber dans une politique de partis mais plutôt dans un consensus apolitique et collégial.  

    Le mouvement pour la décroissance doit contrebalancer une vacance des responsabilités des « élites actuelles » et éviter au pays des troubles intérieurs. Il constitue un remarquable vivier de renouvellement de ‘l’intelligentsia’ politique, municipale et nationale. Le mouvement pour la décroissance part son projet de société sera aussi à l'origine d'un programme du conseil général de la décroissance, de la refondation du pacte social français, en engendrant de grandes réformes écologiques, économiques et sociales. De ce point de vue, les actions des militants n'ont de la valeur que si elles ont l'efficacité publique d'une politique citoyenne concertée. 

    Mais j’insiste lourdement, le mouvement pour la décroissance refuse catégoriquement à « faire de la politique » pour ne pas manifester ultérieurement notre amertume de ne pas avoir pu changer la société et la vie politique aussi radicalement qu'il était nécessaire. Ce n’est pas une mise en garde à prendre à la légère connaissant l’humain (PFH: putain de facteur humain). Nous ne devons pas retomber dans l’existant d’avant.

     

    Sinon, nous aurons les mêmes personnes au pouvoir et la même société au vu des déceptions nombreuses des formations qui se sont succédées, souvent taxées «de régime des partis». 

     

    Aussi, pour avoir une efficacité politique indéniable et un brillant destin public, le mouvement pour la décroissance en tant que tel, risque d’échouer bel et bien s’il n’est pas capable de se prolonger sous une forme « politique » totalement novatrice à mettre en place.

      

      

    Notes

    Le 4 mai 2007, le candidat Nicolas Sarkozy se rend aux Glières (Haute-Savoie), pour y saluer la mémoire des maquisards massacrés en mars 1944 par les nazis et les miliciens français. Élu président, il renouvelle l'opération en mai 2008 et avril 2009. Et cette année-là, il prétend que son action se situerait dans le droit fil « du Conseil national de la Résistance, qui, dans les heures les plus sombres de notre histoire, a su rassembler toutes les forces politiques pour forger le pacte social qui allait permettre la renaissance française ».
    Pure imposture ! Publié en mars 1944 sous le titre Les Jours heureux, le programme du CNR annonçait un ensemble ambitieux de réformes économiques et sociales, auquel le fameux « modèle social français » doit tout, notamment la Sécurité sociale, les retraites par répartition et la liberté de la presse. Or, depuis son élection, Nicolas Sarkozy s'applique à démanteler ce programme, comme s'en réjouissait en 2007 Denis Kessler, l'un des idéologues du Medef : « Le programme du gouvernement est clair, il s'agit de défaire méthodiquement le programme du CNR. » D'où la contre-offensive de l'association « Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui », créée par ceux qui ont réagi dès mai 2007 à l'imposture sarkozyenne.
    En republiant ce texte fondateur exemplaire par sa concision, ils ont choisi de le compléter par une série d'articles sur son histoire et son actualité, expliquant d'abord comment il fut conçu puis mis en oeuvre après la Libération. Puis comment, dès les années 1990, mais surtout depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, cet édifice a fait l'objet d'une démolition en règle. En évoquant la mobilisation citoyenne qu'ils ont initiée, ils révèlent la puissance du discours d'hier pour nourrir les résistances d'aujourd'hui.

     

     

    « l’Autre Net, hébergeur associatif autogéréLe goût du pouvoir »

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